Le 28 mai 2026, près de 40 acteurs de l’aquaponie et de l’énergie se sont réunis à la Faculté des Sciences et Technologies, à Vandœuvre-lès-Nancy, pour une journée d’échange inédite consacrée au devenir d’une communauté d’acteurs et à la construction d’une filière aquaponique en Grand Est.
Cette journée Unys a illustré la richesse et la diversité des projets d’aquaponie sur la Région Grand Et, mais aussi et surtout la nécessité de faire des retours d’expérience pour assurer la pérennité de cette nouvelle filière en émergence.
Dans un contexte où les souverainetés alimentaires et énergétiques sont menacées, les différents projets ont su démontrer toute leur pertinence. L’objectif de cette journée était clair : favoriser le dialogue entre recherche académique et acteurs opérationnels afin de construire une vision partagée et d’identifier des leviers d’action communs. La filière peine à se développer et plusieurs questions techniques ou réglementaires subsistent encore.
Pascal Fontaine (L2A), à l’initiative de cette journée, a ouvert la matinée en communiquant les différents objectifs suivants :
· Faciliter le partage
· Faciliter l’interconnaissance et la connaissance des activités des uns et des autres.
· Identifier les points de blocage ou freins majeurs au développement (débat, discussion)
· S’interroger sur les sources d’’énergie les plus pertinentes pour l’aquaponie
· S’interroger sur les bases pour la construction de futurs partenariats
· S’interroger sur la mise en place d’une communauté d’acteurs à l’échelle régionale.
Il a rappelé que ce temps de partage était crucial au regard des nombreux échecs de projets déjà répertoriés.
Une matinée dédiée à la présentation des projets par les différents porteurs de projet.
La journée s’est ouverte par une revue panoramique des filières aquacole et aquaponique présentés respectivement pas Frédéric Bouygue de la Satt Sayens et Yannick Jouan de la filière aquacole du Grand Est (FAGE). Puis une prise de parole à deux voix est venue questionner l’amélioration de la gestion de l’énergie au sein des systèmes aquaponiques. La méthanisation et la géothermie ont été présentées comme des leviers de source énergétique durable à adosser à l’aquaponie. Yves Leroux (ENSAIA) et Jean-Jacques Graff (BYGéo) en ont démontré la pertinence.
La matinée s’est ensuite poursuivie avec plusieurs interventions mêlant des projets de différents envergures.
Parmi les contributions :
- Mathieu Urban de l’entreprise My Food basé à Molsheim en Alsace a partagé le parcours de création de sa société, tout en faisant un focus sur la nécessité de créer une véritable filière. Il a présenté l’aquaponie comme une des solutions contribuant à la transition alimentaire.
- Noémie Charpentier fondatrice de la Ferme Aquaponique de l’Abbaye de Chaumousey dans les Vosges a présenté ses différents leviers pour développer son projet, notamment l’ouverture de la ferme pour des visites au grand public et l’accueil de groupe.
- Denis Gatineau fondateur de l’Association Ferme aquaponique des 3 rivières basés à Herbéviller près de lunbéville nous a présenté sa volonté d’associer aquaculture et production végétale à travers des productions à forte valeur ajoutée telle que la Production d’aromates, fleurs comestibles, micro-pousses et sels aromatisés.
- Christophe Pagnout enseignant chercheur au LIEC a partagé sa passion pour l’aquaponie en présentant son installation personnelle et sa chaine Youtube de vulgarisation.
- Ulysse Hay porteur de projet pour la société Aquaponeasy a présenté son projet d’installation à- Vic-sur-Seille en Moselle dont l’ambition est d’être un démonstrateur ouvert pour toute la communauté, notamment pour la formation et la recherche. Il vise la combinaison entre la vente directe, l’accueil sur site et la restauration directe.
- Thomas Boisserie des Nouvelles Fermes a illustré sa démarche sous l’angle « réalisation, ambition, déboire », en insistant sur l’échelle du projet comme point crucial de réussite. Il a conclu en évoquant la possibilité d’une installation d’une ferme aquaponique sur la Métropole du Grand Nancy.
L’hétérogénéité des projets de par leur localisation urbaine ou rurale, leur ancienneté ainsi que le type de porteur ont ceci de commun : l’ambition de proposer un nouveau modèle de production alimentaire, plus durable, plus holistique, plus respectueux des écosystèmes, plus résilient et plus autonome.
Afin de croiser les regards et mettre en valeur les complémentarités et les solutions possible, Christophe Pagnout, Pascal Fontaine et Christophe Merlin (LCPME) ont présenté leur thématique de recherche en lien avec l’aquaponie.
1/Recherche en aquaponie, des systèmes expérimentaux aux grandes fermes de production nationales. C.Pagnout (LIEC)
2/ Effet de la diversité animale et végétale sur le fonctionnement des systèmes aquaponiques (Projet Interreg GR VA PolyRAS). P. Fontaine (L2A)
3/Persistence et dissémination de l’antibiorésistance aux interfaces homme-milieu : cas de l’aquaponie (projet IMPACT ABR). C.Merlin (LCPME)
Le reste de l’après-midi a été consacré à la présentation des financements possibles et aux partenariats envisageables entre le monde académique et le monde socioéconomique.
Enfin la journée s’est conclue autour de cette question concrète : Comment faire émerger une filière aquaponique dans le Grand Est ?
Plusieurs points ont été soulevés comme :
· Le besoin de mettre en place un annuaire des acteurs.
· Le besoin de faire partie d’une communauté et de participer à des temps forts et de rassemblements sur des sujets structurants.
· La nécessité de structurer la filière avec des acteurs de différente taille pour en tirer les bénéfices et mettre en place leur complémentarité.
· Le besoin de démontrer la légitimité des fermes aquaponiques en mesurant leur impact écologique et social dans des contextes locaux.
· Le besoin d’intégrer des collectivités et des personnalités politiques dans les groupes de réflexion.
· Le besoin de construire un argumentaire fort, qui sera un faire valoir auprès des autorités afin que l’aquaponie s’inscrive comme un levier d’action au service de la souveraineté alimentaire.
· La nécessité d’avoir accès à des dispositifs, appel à projet, de soutien économique plus adapté aux réalités techniques et humaines des fermes aquaponiques.
· La nécessité de produire encore des données scientifiques afin d’apporter des solutions techniques, des réponses face à des échecs liés aux manquex de compétences, incertitudes et méconnaissances de la part des porteurs.
· La nécessité de donner un cadre législatif et réglementaire afin d’une part de faciliter la commercialisation et assurer le lien de confiance avec le consommateur ; et d’autre part de rassurer les investisseurs en début de projet.
Plusieurs sujets techniques et de structuration d’entreprises restent encore à explorer comme :
· Comment réduire les coûts d’investissement, assez élevés pour une grosse structure ?
· Quelles sont les espèces de poissons et variétés végétales les mieux adaptées ?
· Quelle est la ressource énergétique la mieux adaptée pour un projet résilient ?
· Quelle est la meilleure implantation au regard du bassin de vie ?
- Comment mieux identifier les débouchés et le type de produits à vendre ?
Contact : Pascal Fontaine : « Pascal FONTAINE, IUT Nancy-Brabois » p.fontaine@univ-lorraine.fr / Chloé Lelarge : « Chloe Lelarge » <chloe.lelarge@univ-lorraine.fr>






