Médiations animales : questionner l’hospitalité institutionnelle envers le vivant

Le 16 juin 2026, le séminaire Praxitèle « Médiations animales : questionner l’hospitalité institutionnelle » a réuni chercheurs, professionnels, acteurs de terrain et chiens visiteurs UL (Orson et Zelda) autour d’une réflexion émergente : quelle place accorder aux animaux dans les institutions contemporaines ? Organisée par Claire Lahuerta, cette rencontre a permis d’explorer les dimensions éthiques, relationnelles et philosophiques de la médiation animale.

Repenser la place de l’animal dans les institutions

L’intégration d’animaux dans les établissements d’enseignement, de soin ou de travail est souvent envisagée sous l’angle des bénéfices apportés aux humains : réduction du stress, amélioration du bien-être ou renforcement du lien social.

Les échanges du séminaire ont toutefois invité à dépasser cette approche utilitariste pour considérer l’animal comme un acteur à part entière de la relation. Cette évolution implique de reconnaître sa sensibilité, ses besoins et sa capacité à exprimer des préférences, voire un refus d’interaction.

Le consentement animal, fondement d’une médiation éthique

Parmi les thèmes abordés, la notion de consentement animal a occupé une place centrale. Une médiation respectueuse suppose en effet que l’animal puisse choisir de participer ou non à une interaction.

L’observation attentive des comportements – recherche d’isolement, détournement du regard, signes de fatigue ou d’inconfort – constitue alors un élément essentiel du travail du référent. Cette vigilance permet de garantir le bien-être de l’animal tout en favorisant des interactions authentiques et sécurisées avec les personnes accompagnées.

La relation humain-animal comme espace de coopération

Le séminaire a également mis en lumière l’importance de la relation construite entre l’animal et son référent. Cette coopération, fondée sur la confiance et la connaissance mutuelle, crée les conditions d’une médiation de qualité.

Dans cette perspective, l’humain n’est plus seulement celui qui guide l’animal ; il devient le garant de son intégrité physique et émotionnelle. Cette relation de réciprocité participe pleinement à l’efficacité des dispositifs de médiation.

L’hospitalité institutionnelle comme nouveau défi

Au-delà des pratiques de médiation, les discussions ont interrogé la capacité des institutions à accueillir le vivant dans toute sa diversité.

Que signifie ouvrir une bibliothèque, un campus, un laboratoire ou un espace de travail à la présence animale ? Comment concilier les besoins des humains et ceux des animaux dans un même environnement ? Ces questions invitent à repenser les formes d’hospitalité institutionnelle et les relations entre humains et non-humains.

Cette réflexion rejoint les approches humanimalistes qui soulignent l’interdépendance des êtres vivants et encouragent le développement d’espaces plus inclusifs à l’égard du vivant.

Une réflexion en phase avec les enjeux contemporains

À l’heure où les universités s’interrogent sur leurs liens avec les transitions écologiques et sociétales, les médiations animales offrent un terrain de réflexion original sur notre manière d’habiter les institutions.

Le séminaire Praxitèle a ainsi rappelé que l’accueil du vivant ne se résume pas à une question de présence animale. Il invite plus largement à repenser les relations entre humains, animaux et environnements dans une logique de respect mutuel et de cohabitation.