Le biochar de sargasses : une solution pour la fertilisation des sols guadeloupéens ?

Avec des chercheurs du L2A

Les sargasses arrivent généralement dans les eaux guadeloupéennes en mars, c’est-à-dire dans quelques semaines. L’archipel guadeloupéen a connu en 2025 une saison particulièrement intense et la question de la valorisation de ces algues brunes ressurgit tout naturellement. Une récente étude parue dans un journal spécialisé et menée par une équipe de recherche de l’Université de Lorraine offre des pistes encourageantes. Les chercheurs se sont attachés à évaluer l’impact que les sargasses pyrolysées pouvaient avoir sur la fertilité des sols.

Par  Sébastien Gilles

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Les sargasses arrivent généralement dans les eaux guadeloupéennes en mars. · ©Barbara Pelmard

Le biochar, produit solide issu de la pyrolyse des Sargasses, initialement conçu pour la bioremédiation des sols contaminés par le Chlordécone semble offrir un impact significatif sur la fertilité des sols. Les chercheurs ont ainsi testé deux couches superficielles d’andosol sur le territoire de Capesterre Belle-Eau et deux autres de Nitosol en Côte-sous-le-vent. L’étude révèle ainsi la disponibilité de certains éléments, comme le sodium et le magnésium, qui augmente significativement au contact du biochar sur les deux types de sols testés : hausse d’un facteur 2 à 4 pour le sodium dans les deux sols et d’un facteur 1,5 du magnésium dans l’Andosol. En revanche, aucun effet significatif n’est apparu pour le potassium ou le phosphore malgré leurs concentrations initialement élevées dans le Biochar de sargasses (BCS).

Les scientifiques ont aussi enregistré des hausses significatives pour certains oligo-éléments comme le nickel. Seule ombre au tableau constaté pour l’heure, un impact potentiellement négatif sur le cycle de l’azote. Des études complémentaires seront nécessaires. Elles devront intégrer les plantes dans le protocole pour évaluer plus précisément l’impact du biochar sur la fertilité des sols en termes d’efficacité de séquestration du chlore notamment.

Si ces études complémentaires confirmaient ces effets fertilisants, le biochar pourrait être utilisé d’abord dans les jardins familiaux et en maraîchage. Pour une utilisation à plus grande échelle, la question de la ressource et sa disponibilité reste paradoxalement un frein.